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Les enjeux de la révision

Ces interpellations protestantes en bioéthique, comme celles en éthique sociale et en éthique environnementale, reposent sur la conviction que la vie est un don de Dieu, que l’être humain est un être en relation, qu’il faut se soucier de la protection des plus faibles et ne jamais oublier la justice sociale.

1. Accès à l'assistance médicale a la procréation (AMP)

Insémination artificielle, fécondation in vitro, stimulation hormonale... Apparues ces trente dernières années, ces techniques sont de plus en plus utilisées : Un enfant sur 20 naît grâce à l'assistance à la procréation.
La commission éthique et société de la FPF, consciente de cet état de fait, a organisé une journée d'étude consacrée à la question de l'AMP, le 9 juin 2017 : Comment fait-on les bébés ? Contributions protestantes aux débats sur l'extension de l’Assistance médicale à la procréation.

2. Légalisation de la gestation pour autrui (GPA)

Le texte Interpellations protestantes sur l’Assistance Médicale à la Procréation et la Gestation Pour Autrui affirme que « Le protestantisme récuse une éthique purement naturelle selon laquelle " ce qui est, est ce qui doit être ". Il récuse tout autant une éthique technicienne selon laquelle " ce qui est faisable est ce qui doit se faire ". 

Tout en reconnaissant avec la Communion des Eglises protestantes en Europe (CEPE) qu’« aucun modèle de vie familiale ou de parentalité ne se dégage uniformément » de la Bible, les protestants sont d’avis que les possibilités ouvertes par la médecine reproductive posent de redoutables problèmes moraux et que certaines de ces possibilités, comme la GPA, sont à écarter.

3. Libéralisation de la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires

La Fédération protestante de France (FPF) se prononce pour "un bon usage" des cellules souches adultes mais des divergences demeurent entre les Eglises membres : la recherche sur cellules souches embryonnaires et le clonage thérapeutique font débat même si la FPF, par la voix de son président, déclarait en 2001  ne pas vouloir « tomber dans le panneau de la sacralisation de l'embryon ».

Le clonage et les cellules souches sont deux domaines de recherche intimement liés. Le clonage pour la recherche sert à créer des lignées de cellules souches. Il permettrait de contourner l’obstacle immunologique. La question du clonage est traitée  en 1997 par la Commission Ethique qui interpelle le Conseil de la FPF. En 2001, la FPF poursuit sa réflexion et invite au débat. L’Eglise luthérienne d’Alsace et de Lorraine (ECAAL), fait écho à ces déclarations dans un texte publié en 2002. En 2002, c’est au tour de l’Association médico-sociale protestante de prendre position. Les Eglises protestantes ne ferment pas la porte au clonage thérapeutique mais se prononce à l’unanimité contre le clonage à des fins reproductives.

Dans ces différents lieux de débats, les protagonistes ne découragent pas l’avancée des découvertes scientifiques, mais appellent à poursuivre le débat et propose une lecture théologique de l’homme qui puisse éclairer la science. 

4. Prélèvement et don d'organes.

Sur la question des greffes et dons d’organe, qui s’inscrit dans le cadre de la médecine réparatrice, le consensus règne parmi les Eglises membres de la Fédération protestante de France, sur le principe énoncé dans le texte de 1997, Prélèvements et transplantations d'organes. L’exigence de non commercialisation, de gratuité et d’anonymat des produits du corps humain est très fortement affirmée par les protestants.