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B. Enjeux de la révision

1. Accès à l'assistance médicale a la procréation (AMP) et le transfert post-mortem d'embryons

Insémination artificielle, fécondation in vitro, stimulation hormonale... Apparues ces trente dernières années, ces techniques sont de plus en plus utilisées : Un enfant sur 20 naît grâce à l'assistance à la procréation.
La Fédération protestante de France distingue les PMA intraconjugales et hétérogènes et redit sa conviction que « les droits de l'enfant sont prééminents au droit à l'enfant ». Les Eglises protestantes comprennent l’embryon comme une « personne potentielle » et demeurent préoccupées par le sort réservé aux embryons surnuméraires congelés. De son côté la Conférence des Eglises Européennes en appelle la responsabilité des parents dans « L'Assistance médicale à la Procréation et la Protection de l'Embryon humain » et dresse un premier et vaste bilan des pratiques dans « La procréation médicalement assistée 20 ans après ».


2. Gratuité et anonymat du don de gamètes

3. Légalisation de la gestation pour autrui (GPA)

Le prof. Lehmkühler de la faculté de théologie protestante de Strasbourg s’exprime en octobre 2008 sur la GPA, dans les colonnes du Messager : Le désir justifie-t-il tout ? Un article d’autant plus intéressant qu’il évoque les tensions qui traversent le protestantisme dans sa diversité : « Les protestants disent généralement que tout passe par la parole et la relation. Ainsi, l'embryon ne serait « rien »" sans amour et sans projet parental. Je crois, au contraire, qu'il faut rappeler que l'existence humaine est faite d'esprit et de chair. Cet amas de cellules dont on parle, dès l'origine de la vie, c'est quand même un petit bout de chair! Et ce n'est pas arbitraire d'imaginer que c'est dans le ventre d'une autre femme qu'il va passer ses premiers mois. On touche là à des choses très profondes qui concernent l'existence charnelle de l'être humain. »

4. Elargissement du champ d'application du diagnostic prenatal (DPN) et Préimplantatoire (DPI)

Diagnostic prénatal : « L’essor fulgurant du recours au diagnostic prénatal a conduit l’Inserm à faire en 2003 le point des pratiques ». Le rapport final : Diagnostic prénatal : pratiques et enjeux, conclut qu’« au niveau social, le dépistage systématique du risque tel qu’il est pratiqué en France (…) instaure le dépistage prénatal comme la norme, ce qui est perçu par certains comme contraire au respect de la personne humaine(…) ». 
Les protestants approuvent « le diagnostic prénatal », et acceptent l’IVG « dans le cas où les embryons sont atteints de maladies létales à court terme ». Dès 1971, la FPF s’est prononcée pour la loi « Veil » sur l’IVG, cf. notre dossier) ; Cependant les Eglises protestantes se sont inquiétées des conséquences de « l'arrêt Perruche » qui renvoie aux questions soulevées par l’Inserm.

Diagnostic préimplantatoire et thérapie génique : Pour la FPF « elle pose un problème très particulier, car elle risque de porter atteinte à la diversité du génome; et pourtant, pour les sujets concernés, l'assurance de ne pas transmettre une maladie à leurs descendants serait une vraie délivrance ». Les Eglises membres de la FPF poursuivent leur débat sur ce point et ne se sont pas encore exprimées sur la question des « bébés médicaments ». Mais la Conférence des Eglises Européennes a commencé à réfléchir à la question des tests génétiques et de la médecine prédictive.

5. Libéralisation de la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires

La Fédération protestante de France (FPF) se prononce pour "un bon usage" des cellules souches adultes mais des divergences demeurent entre les Eglises membres : la recherche sur cellules souches embryonnaires et le clonage thérapeutique font débat même si la FPF, par la voix de son président, déclarait en 2001  ne pas vouloir « tomber dans le panneau de la sacralisation de l'embryon ».

Le clonage et les cellules souches sont deux domaines de recherche intimement liés. Le clonage pour la recherche sert à créer des lignées de cellules souches. Il permettrait de contourner l’obstacle immunologique. La question du clonage est traitée  en 1997 par la Commission Ethique qui interpelle le Conseil de la FPF. En 2001, la FPF poursuit sa réflexion et invite au débat. L’Eglise luthérienne d’Alsace et de Lorraine (ECAAL), fait écho à ces déclarations dans un texte publié en 2002. En 2002, c’est au tour de l’Association médico-sociale protestante de prendre position. Les Eglises protestantes ne ferment pas la porte au clonage thérapeutique mais se prononce à l’unanimité contre le clonage à des fins reproductives.

La CEC-KEK  traite en 10 questions clé le clonage en 1998 et en expose les enjeux en 2000 dans « L’usage thérapeutique du clonage et des cellules souches embryonnaires ».
Dans ces différents lieux de débats, les protagonistes ne découragent pas l’avancée des découvertes scientifiques, mais appellent à poursuivre le débat et propose une lecture théologique de l’homme qui puisse éclairer la science. 

6. Prélèvement et don d'organes.

Sur la question des greffes et dons d’organe, qui s’inscrit dans le cadre de la médecine réparatrice, le consensus règne parmi les Eglises membres de la Fédération protestante de France, sur le principe énoncé dans le texte de 1997, Prélèvements et transplantations d'organes. L’exigence de non commercialisation, de gratuité et d’anonymat des produits du corps humain est très fortement affirmée par les protestants.